• Mon âme a un chapeauJ'ai compté mes années et j'ai trouvé que j'ai moins de temps à vivre d'ici que ce que j'ai vécu jusqu'à maintenant.

    Je me sens comme cet enfant qui a gagné un paquet de bonbons, les premiers, il les a mangés avec plaisir, mais quand il s'est rendu compte qu'il en restait peu, il a commencé à les goûter intensément.

    Je n'ai plus de temps pour des réunions interminables où les statuts, les règles, les procédures et les règlements internes sont discutés, sachant que rien ne sera fait.

    Je n'ai plus le temps de soutenir des gens absurdes qui, malgré leur âge canonique, n'ont pas grandi. Mon temps est trop court, je veux l'essence, mon âme est pressée. Je n'ai plus beaucoup de bonbons dans le paquet.

    Je veux vivre à côté de gens très humains qui savent rire de leurs erreurs, qui ne sont pas gonflés par leurs propres triomphes, qui prennent leurs responsabilités pour eux-mêmes. De cette manière, la dignité humaine est défendue et l'on vit dans la vérité et dans l'honnêteté. C'est l'essentiel qui rend la vie utile.

    Je veux m'entourer de gens qui savent toucher les coeurs, de ceux à qui les durs coups de la vie ont appris à grandir avec de douces touches de l'âme.

    Oui, je suis pressé, je suis pressé de vivre avec l'intensité que seule la maturité peut donner.
    Je n'ai pas l'intention de gaspiller aucun des desserts restants. Je suis sûr qu'ils seront exquis, beaucoup plus que ceux mangés jusqu'ici.

    Mon but est d'atteindre la fin satisfait et en paix avec mes proches et ma conscience.

    Nous avons deux vies et la seconde commence quand vous réalisez que vous n'en avez qu'une.

    Poème de Mario de Andrade (San Paolo 1893-1945)
    Poète, romancier, essayiste et musicologue.
    Un des fondateurs du modernisme brésilien.


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  • Souvenir de Damanhur - Dans le bois sacré...Elle refait le chemin à l'envers, celui qui l'a amenée aux "commodités". Il pleut, depuis deux jours, il pleut... il n'arrête pas de pleuvoir. Les feuilles tombées des arbres alentour, éclairées par sa lampe de poche, scintillent. On dirait qu'à chacun de ses pas, une nouvelle bande de petites fées dansent devant elle. Soudain, quelque chose de noir devant ses yeux, elle est un peu effrayée... Mais non, ce n'est que la branche d'un arbre qui tente de lui barrer le chemin.

    Elle est ici avec d'autres. Ils sont arrivés un matin, avec leurs sacs à dos, leur sacs de couchage, leurs lampes de poche et quelques autres choses. Ils sont douze, comme les apôtres, avec leurs guides.

    Elle retourne dans le petit fort, en tentant de ne pas faire de bruit, ce qui n'est pas chose aisée puisque la porte grince, le plancher, enfin les planches clouées au sol grincent et il s'agit de faire attention pour ne pas buter contre un objet et tomber, ou réveiller l'un des dormeurs du rez de chaussée. En effet, les hommes dorment là.

    Il s'agit maintenant d'escalader l'escalier minuscule qui permet d'atteindre l'étage supérieur où sont allongées les femmes, certaines plongées dans le sommeil, d'autres souffrant d'insomnie ou empêchées de dormir par des ronflements.

    J'ai toujours eu le sommeil léger ! Elle entend cette phrase et se dit : Qu'est-ce qui fait que certains ont le sommeil bien profond et d'autres au contraire se réveillent au premier mouvement, au premier bruit. Rester en alerte, sur ses gardes même en dormant, prêt à bondir en cas de danger, serait-ce une affaire de confiance dans le lieu, dans les personnes ? Peur atavique de voir arriver une bête sauvage ...

    Péniblement elle monte les marches. Elle sent le poids de ses kilos en trop. Ses genoux lui font mal comme tout à l'heure, lorsque qu'elle a pris la position de la grenouille pour rendre à la terre ce qui retourne à la terre. Une douleur intense avec cette question : Et si je ne réussissais pas à me relever ?

    Mais de la volonté, elle en a en réserve, alors elle se cramponne à la rampe de l'escalier comme elle s'est cramponnée à la poutre des commodités et malgré la douleur, elle avance. Il est temps de s'alléger, il est grand temps...

    Souvenir de Damanhur - Dans le bois sacré...Ce voyage n'était pas prévu, alors c'est dans un sac trop petit pour elle que péniblement elle se glisse, le sac lui arrive juste sous les bras. Elle se recouvre le haut du corps d'un manteau bien douillet, bien chaud, que par hasard elle avait acheté la semaine précédente pour quinze euros au "trouve-tout". Dieu que le hasard fait bien les choses... Mais il parait que c'est le nom qu'il emprunte quand il voyage incognito... dixit Albert Einstein. Elle se rendort, pour un moment. Plus tard, lorsque le jour se lève, l'une après l'autre, chacune redescend l'escalier pour s'apprêter un peu avant le petit déjeuner, se laver les dents, la figure...

    La gardienne du feu est là, elle a entretenu, en alternance avec d'autres, le feu de la cheminée et celui du poêle où l'eau attend, prisonnière dans une casserole, de retrouver la liberté.

    Les éléments ont vraiment une importance capitale durant ce voyage, comme durant tous les voyages de la vie. Le feu, cet être particulier a besoin d'être apprivoisé. Allumer un feu en pleine forêt, lorsqu'il pleut, tient de l'alchimie. Il faut une patience d'ange. Mais quelle joie lorsque, après avoir patiemment fait sécher quelques feuilles, ramassé les brindilles qui avaient été mises à l'abri par une bonne âme d'un autre voyage, quelle joie lorsque finalement le feu commence à vivre, timidement d'abord, puis avec plus d'énergie, au fur et à mesure que le fond de braises s'épaissit. Les apôtres sont là, tout autour du feu, à admirer la danse des flammes d'un air un peu absent, comme absorbé par tant de vie, tant de beauté, un vrai miracle à chaque fois.

    Mais quelle est la raison de leur présence dans ce bois ? Former une équipe, fonctionner ensemble, se répartir les tâches, apprendre à vivre en communauté, avoir des objectifs communs ? Un peu tout cela.

    Elle qui est plutôt du genre à observer pour ensuite synthétiser les choses, faire un choix, prendre une décision, elle est d'abord surprise par tant de paroles et si peu d'action. Au bout de trois ou quatre jours, c'est un cri de bête qui sort de sa gorge lorsque le volume atteint une telle hauteur qu'elle ne peut plus le supporter. Vivre ensemble, quel beau défi ... se retrouver avec tant de miroirs :

    Monopoliser l'attention d'une personne "importante" – partir pour jouer du tam-tam et danser sous la lune – rire fort, apparemment sans raison – couper la parole – parler pour ne rien dire – ses attitudes l'ont un peu agacée. Pour savoir ce que dit le miroir, la question est : de quoi je les accuse ? De vouloir attirer l'attention, être le centre d'intérêt, de lui bouffer l'énergie.
    Mais elle, et sa manière de chouette ? N'est-ce pas une façon, beaucoup moins visible mais non moins présente, d'attirer l'attention, de rester là sans rien dire, sans donner son avis ? Cette belle spontanéité, elle l'admire.

    Un des apôtres sait faire tant de choses, elle admire ses belles qualités. Mais quand il devient perfectionniste au point de balayer de la main le feu qu'elle avait commencé à faire pour recommencer l'opération à sa manière, elle prend une bonne respiration pour ne pas lui hurler dessus. Elle se souvient combien, il y a quelques années, elle a dû en agacer plus d'un avec sa manière de vouloir que tout soit parfait, mais orgueilleusement à condition que cela soit fait par elle-même. Merci miroir !

    Mais comment peut-on arriver dans un groupe sans argent ? Qu'en est-il de son propre rapport à l'abondance ? Elle reconnaît que se retrouver dans cette situation lui fait une peur bleue ...
    L'argent est une énergie, si on le méprise, il vous le rend bien. Lui associer des croyances du style : "on est pauvre, mais on est honnête" pourrait laisser croire qu'être riche est égal à être malhonnête ? De plus, elle est forcée de reconnaître qu'elle trouve cela injuste d'être obligée de payer pour un autre, de ne pas pouvoir choisir où va sa générosité ! Et là, son miroir lui rappelle combien elle a été invitée, et combien elle a aimé cela. Merci miroir !

    Il y a aussi l'apôtre chef ! Donner des ordres et après se perdre dans les détails, ou vouloir que tout soit juste et parfait, quelle drôle d'idée !
    Mais qui voulait, il n'y a pas si longtemps, que tout soit juste et parfait ... Pfff
    Merci miroir !

    On arrête là l'investigation, parce qu'il y aurait des kilomètres à dire ...

    Qu'il a été riche d'enseignements ce voyage, de prises de conscience, d'émotions, riche aussi d'humanité, d'entraide, d'amour, de respect, d'humilité parfois, pas toujours ... rires ...

    Un immense merci à tous ces douze apôtres avec qui les rapports ne seront plus jamais les mêmes, puisqu'ils ont une flamme en commun !

    Con voi.

    Christiane Kolly - 4 décembre 2010


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  • Principes de fonctionnement pour coopérer et cohabiter dans des Ecopol

    1. S'engager dans un processus d'apprentissage individuel et collectif permanent

    2. S'écouter réciproquement, se donner la parole

    3. Faire ce qu'on dit et dire ce qu'on fait

    4. Tout projet est attribué à un-e seul-e responsable, au mérite (qualité et quantité de contributions passées)

    5. Avant de se considérer comme déchargé-e des prestations que l'on s'est engagé-e à fournir, demander une validation à ses « clients »

    6. Reconnaître l'incertitude en s'adaptant aux imprévus

    7. Exprimer ses difficultés aux personnes directement concernées et non pas à des tiers

    8. Adopter un comportement plus modéré si on nous le demande (ma liberté s'arrête là où commence celle des autres )

    9. Pratiquer l'alerte préventive de conflits (communiquer ses propres limites à respecter) et la médiation si les limites sont franchies

    10. Contribuer à faire évoluer et compléter ces règles après les avoir pratiquées quelque temps

     

    Principes de fonctionnement pour cooperer et cohabiter

     


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